mercredi 30 mai 2018

C'était mon cancer Chéri-Chéri...

C'est la première fois en plus de deux ans qu'il n'y a pas que mon Chéri-Chéri qui compte ! Il y a bien les injections tous les quinze jours et un scanner qui se profile mais allons savoir pourquoi, pour la première fois je me sens "normale". Ma vie n'est plus en sursis désormais mais elle est là pleine et entière tout comme cette lune qui me susurre quelques vérités bien senties.
Méthode Couet m'annoncent les septiques sûrs de leur fait. Je rétorque : Ce n'est pas mon mental qui parle mais mon cœur irrigué de confiance…
Peu importe demain. J'ai déjà gagné mon combat. Accepter et recevoir les merveilleuses leçons de la vie. Certes les leçons étaient douloureuses, difficiles à apprendre mais ô combien nécessaires...
"C'était mon Chéri-Chéri"  est un récit, une fable, une mise à nu, une thérapie… peu importe désormais…
Voici le tout début  d'une nouvelle aventure et merci à tous ceux qui m'ont accompagnée sur ma route sinueuse et escarpée. Mes petits cailloux colorés qui m'ont montré le chemin pour ne pas que je m'égare…



Je suis guérie ! C'est mon intime conviction. Peut-être que je rêve ou encore que mon âme s'en est allée voir l'au-delà d'un peu plus près... 
C'est égal puisque je suis guérie. Mon corps est léger et ne ressent plus aucune souffrance ni le poids des années. Je flotte dans une lumière éclatante et j'allais dire transcendante. Je me déplace lentement et gracieusement telle une feuille d'automne soufflée amoureusement par le vent attendri. Je parle. Plutôt, je me parle. Je pense. Ou plutôt je me pense, je recense, je pressens, je ressens et je m'encense. Je me sens vivante comme jamais je ne l'ai été auparavant. Je suis conscience. Tout est clair et limpide. Je sais que ma quête est la vérité. J'entends les bruits d'une forêt. Les images se bousculent dans ma tête apaisée. Je vois ma forêt, à vrai dire, un grand parc urbain très arboré (oui, c'est une ancienne forêt tout de même). Il y a Merlin, mon chêne de la clairière où je viens si souvent me reposer. Il y aussi de grosses pierres qui font une ronde mystérieuse. J'entends les oiseaux s'enivrer de leurs chants, de feuilles en feuilles, sautiller et se rapprocher. Je comprends bien vite que ce n'est pas ma présence qui les intéresse. Je vois alors sans plisser les yeux, une fée comme dans les livres pour enfants. C'est incroyable ! Ses yeux d'un bleu transparent me sourient béatement et m'envoient des signaux bienveillants. Je n'ai pas peur au contraire, je suis émerveillée. Dans le creux de sa main délicate se trouvent trois graines. Oui, trois parce que j'ai l’œil perçant désormais, moi myope depuis l'adolescence. Trois oiseaux virevoltent au-dessus de sa chevelure rousse attachée par du lierre. Ils dansent et se posent sagement dans sa main. Un son très aigu sonne la fin de ce flash. Je connais cette haute fréquence. J'ai pratiqué la sono thérapie. Un diapason ? Un bol tibétain ? Une fraction de seconde, je suis dans l'obscurité totale. Je m'entends supplier d'une voix monocorde : « Rendez-moi la lumière ! » Et Hop !
La belle lumière est là. La fée est assise en tailleur sur la pierre près de Merlin, mon arbre. Ses lèvres ne bougent pas et pourtant elle me parle.
« N'aies pas peur, nous sommes avec toi.
-Je suis guérie, n'est-ce pas ?
-Oui, ne parle pas. Regarde ! »
D'un geste autoritaire, elle déplie un parchemin. Cette petite me plaît bien. J'aime les personnes déterminées et qui vont droit au but sans se perdre dans des explications, des leçons et tout le bla-bla. En effet, cela serait très inutile parce que je vois et je comprends tout à cet instant présent. Aurai-je pris de la drogue ? Non et j'ai arrêté la morphine depuis un moment. En tout cas, cette fée-là m'apparaît très pédagogue. Mes yeux zooment en agrandissant le texte brandi par la fée. Je pense : quel est ton nom ?
« Appelle-moi La Fée et ça ira. Lis, maintenant. Quand tu te sens fatiguée, tu hoches la tête de haut en bas et nous ferons une pause... »
Je m' exécute prestement car La Fée malgré sa douceur intrinsèque n'est pas le genre de personne que l'on peut se permettre de contrarier. Même pour plaisanter. La Fée de ma clairière semble avoir un sacré caractère !
« Comme toi ! », me taquine-t-elle.







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L'ultime combat...

Amis.es fidèles lecteurs.trices, ceci est mon dernier post de mon blog Chéri-Chéri. Oui, j'essaie l'écriture inclusive comme un défi...