Je regarde l'actu et j'ai le Collomb irritable... Parfois, je suis pliée en deux de rire mais le plus souvent c'est une indignation de moins en moins sourde qui remue mes entrailles.
Avant, je travaillais en Gériatrie et l'actu des révoltés surtout révoltées au passage, des EHPAD, me rappelle de vieux souvenirs de cette maltraitance institutionnalisée. Tout a commencé sous Sarko avec la diabolique T2A (la tarification à l'acte) et de sa charmante loi Bachelot.
La Santé devenait, au nom des déjà fameux déficits de la sécu, une simple ligne comptable. Nous étions révoltés et marchions dans la rue sous des banderoles déjà. Et tout le monde s'en foutait. Cassandre, nous étions.La santé était un produit comme un autre. L'Hôpital Public endetté fut sommé de devenir une entreprise lambda et d'appliquer les techniques managériales dont la réduction de la masse salariale en tête de gondole. Les capitalistes n'ont aucune imagination. Pour réduire les coûts, on réduit le nombre de salariés. Et qu'importe les conséquences. La déshumanisation est là. Dans nos murs.
Et puis, j'ai eu une belle hallucination macronienne. La pensée complexe devint simplissime. Et si on supprimait les salariés, carrément. Le salariat coûte cher ou plutôt les droits des salariés inhérents chèrement acquis. Comme toujours, on a changé le vocabulaire. Les travailleurs ont disparu au profit des collaborateurs. Les ordonnances ordonnées sans discussion par le patronat ouvrent le bal. L'idéal macronien est un monde sans salariés mais avec une foule d auto-entrepreneurs pas chers et sans droits.
Sur Facebook, c'est dingue le nombre de gens qui ont pour métier "à mon compte". On ne sait de quoi mais cela sert aussi à cacher d'autres réalités moins valorisantes. Chômage, RSA, alloc handicapée...
Et puis, cela flatte l'égo d'être libre, indépendant et entreprenant même si cela ne rapporte que des cacahuètes...Et puis, le plus souvent, cela est imposé par les entreprises aux jeunes livreurs à vélo par exemple.
Voilà la solution Maîtresse Buzyn, embaucher du personnel "à monde compte" à l'hosto. Des médecins, des soignants, du personnel administratif et technique ! Pas de charges, plus de flexibilité et surtout pas de conflit car "à mon compte" est corvéable et révocable à merci. Pauvre jeunesse, horde d'esclaves à leurs comptes !
On en est là. En pleine régression. Il y a sûrement d'autres alternatives, d'ailleurs il y en a toujours. Si notre cher Président pouvait sortir de son palais et écouter le monde dans lequel, les gens ont envie de vivre. Sortir des lignes comptables et aller voir les zadistes du monde entier qui osent, tentent des expériences...
Et Chéri-Chéri ? Ben, il se marre. La déshumanisation le fait grandir. Les esclaves sont des proies très faciles...
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