mercredi 15 novembre 2017

Le jugement premier...

Alors, ce fut comment avec les p'tits nouveaux ? Long...
Alors, ils sont comment ces nouveaux internes ? On jugera dans six mois...
Comme j'ai le temps, cette denrée rare pour la plupart des gens, je profite de ce trésor pour m'interroger, réfléchir et même entrer en moi-même. Vous visualisez le truc là ? Faut dire que c'est inhérent à ma nature. Déjà, dans le ventre de ma mère, je m'interrogeais sur le sens de la vie, sortir ou pas, à quoi bon, pourquoi pas et finalement banco ! Mission acceptée.
Donc, je réfléchis à la notion de jugement. On s'en rend pas forcément compte mais c'est une activité de tous les instants. Je parcoure tous les écrits philosophiques, métaphysiques, spirituels et en j'en passe tant on peut y trouver le meilleur comme le pire. Tiens, je viens de juger... En gros, juger, c'est mal et négatif. Comme on le sait, le négatif comme son alter égo le positif sont des boomerangs émotionnels. On y apprend que pour vivre en harmonie et trouver la voie de la sagesse, il faut appliquer l'adage  de Yann Jean, le grand philosophe : "Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil". La tyrannie des Bisounours...
C'est oublier un peu tôt que le sombre existe et fait partie du monde et donc de nous. Comme le jour et  la nuit. Et si vous voyez la vie recouverte d'un voile d'une blancheur éclatante, courez vite chez l'ophtalmo... Le monde et nous-même dans le même élan, nous ne sommes pas parfaits et c'est cette imperfection qui fait le sel la vie. Dixit Bouddha dans son infinie sagesse... Nous sommes nés pour affronter nos imperfections et évoluer : s'affirmer  tout en étant  un  être meilleur que la veille.
Et les moutons alors ils reviennent ? Alors, ce sacré jugement ?
C'est un  maître bouddhiste ( je ne souviens plus de quelle branche...) japonais qui a le mieux éclairé ma lanterne magique. Gratitude. Il a su, simplement, mettre des mots sur ce que je pressentais assez intimement. Je partage et dîtes-moi merci, s'il vous plaît.
Prenons un exemple. Vous avez un enfant ou un animal de compagnie, cela marche aussi.
Vous utilisez donc des jugements  tantôt positifs et tantôt  négatifs. Si votre enfant vole un œuf dans un supermarché, vous allez le réprimander et émettre un jugement négatif du genre : "c'est pas bien !"
Vous le dîtes pour son bien. Il faut bien avouer que personne ne désire que son enfant ne devienne un voleur professionnel : un Balkany ... Oui, je viens d'émettre un jugement négatif sur ce pauvre monsieur Balkany. A ma décharge, mon intention était bonne car c'était juste pour vous faire rire, voire sourire...
Voilà, nous y sommes ! Dans le jugement, c'est l' intention qui compte et vous êtes vos seuls juges.
Si l'intention est positive, le jugement sera alors une façon d'aider l'autre à se corriger, s'améliorer ou du moins d'en prendre conscience.
Si l'intention est négative, le jugement ne sera alors que dénigrement, abaissement de la conscience de l'autre, une blessure infligée etc... car la noirceur n'a d'égale que sa profondeur...
A l'hosto, pour atterrir sur terre connue, j'ai appris à démêler tout ça de manière toute empirique. Lorsque, je vois un disfonctionnement néfaste pour tous, je l'exprime quitte à passer pour une râleuse, chiante et tout ce qu'on veut. Je ne critique pas l' institution hospitalière par plaisir mais sincèrement pour améliorer son fonctionnement. Et, cela marche souvent car les agents de l'hosto sont tous des agents de la bonne volonté.
Bon, comme je ne suis pas parfaite, ni Bouddha, ni Jésus, ni Mandela, ni Sœur Emmanuelle, ni tiens au hasard Emmanuel 1er...  je cède parfois à la critique mal intentionnée. Je peux encore déverser mon mal être sur l'humanité comme tout à chacun. Il  ne fait pas bon alors, de se trouver dans mes parages... Mais, je m'améliore et désormais, je me rends compte de ce mauvais côté, le côté sombre de mon âme, et je m'excuse plus facilement pour ces égarements. En tous cas, j'y suis plus attentive et me demande toujours quelle est mon intention première. Au jugement dernier, je ne serai peut-être pas la première mais au jugement premier, mon évolution est balèze. Un peu d'auto-satisfaction, jugement positif, cela ne fait pas de mal...




jeudi 9 novembre 2017

Les p'tits nouveaux...

Ma vie est passionnante car surprenante. Pour rien au monde, je ne l'échangerai...
L'imprévu un poil attendu est là.
Demain, c'est vendredi et c'est immuno. C'est bien, je vois que vous suivez. Nous sommes donc en novembre, ce mois si délicat à aborder... personne sur terre n 'aime ce mois-là, allez on sait pourquoi : les jours sont courts et pluvieux ou bien les jours sont courts et frileux...Moi pas. Demain, c'est un jour  béni car c'est l'anniversaire de ma grande fille et bientôt viendra celui de ma petite fille. Un condensé d'amour inconditionnel ces deux-là...
Bon, novembre c'est aussi le changement d'internes à l'hosto. Ils sont là pour six mois, c'est dire que j'en ai vu passer de ces oiseaux. A l'hosto, ce sont eux, les interlocuteurs privilégiés qui signent les ordonnances. Ce sont les petites mains de la médecine hospitalière. Les cadors, les chefs de service, te suivent de loin. Bon, c'est bien huilé leur histoire et cela fonctionne au gré des aléas. Demain, j'aurai donc deux nouveaux internes. Tiens, tout à coup, je pense à Lisa, une jeune femme formidable, qui s'est occupée de moi lorsque j'étais au creux de la vague. Attentive, humaine et compétente. Une perle de futur médecin. Bon, dans la foulée, ying et yang, je repense à Marjorie, hautaine, insensible et butée. Oui, comme une évidence, le métier de gérer Chéri-Chéri, n'est pas donné à tout le monde. Quelle révélation, c'est comme partout.
Ils sont jeunes et ils ont déjà beaucoup soufferts pour en arriver là. Leur travail et leurs responsabilités sont énormes et les pesanteurs de l'hosto inénarrables. Donc, tout comme les patients, ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Ce qu'ils sont.  Certains ont beaucoup et d'autres non. Dura lex, sed lex hospitalière.
Evidemment pour les patients, c'est un stress supplémentaire. Le temps que les petits nouveaux connaissent la routine, les couacs sont prévisibles. L'interview avec le p'tit nouveau ou nouvelle, va durer plus longtemps au risque prévisible de chambouler le timing de la cure. Il faudra prendre le temps de tout raconter, la genèse de Chéri-Chéri et même coacher le nouvel interne sur les us et coutumes du service et de la maladie. Un bon briefing s'impose. Bon, ça va, j'ai l'habitude et on pourrait dire même que je les aime bien mes petits internes. Des enfants doués et de bonne volonté confrontés à la vie et à la mort et vice et versa !

samedi 4 novembre 2017

WU WEI !

Dans le Tao, le Wu Wei est par définition la non-action ou l'art de réussir sans essayer : un état de grâce obtenu sans la moindre volonté. On dit que quiconque l'a ressenti une fois, passe sa vie à le rechercher. Car le Wu Wei ne s'obtient pas, il se vit. Un état spontané d'ultra connexion avec soi et l'univers tout entier. Vous rayonnez sans rien faire et la lumière brille autour de vous. Les passants s'arrêtent pour vous sourire, la pluie se fait douce et caressante et les molosses canidés rentrent leurs crocs. Même Marine Le Pen pourrait s'attendrir et donner la main, sans arrière pensée, à un migrant...
Une sorte de charisme non intentionnel, une joie indicible comme faire partie d'un tout bienveillant.
Le Wu Wei est cependant rare et fugace et c'est ce qui fait sa force aussi. Il y a pas de mode d'emploi sinon : être présent dans l'instant ultra présent lorsque le mental s'efface... Les artistes en herbes ou pas connaissent bien le Wu Wei parfois même sans le savoir.
Tout ça pour dire que j'ai connu cette unique joie plusieurs fois depuis ma plus tendre enfance sans forcément y mettre un nom dessus. Et cela est vrai, j'ai des témoins innocents, j'ai toujours attendu ces moments-là comme un miracle. Car c'est le miracle de la vie qui se révèle alors... la magie qui opère. Les elfes, les fées, les anges, les esprits de la forêts,  et tous les esprits de lumière sont alors vos potes. Et toutes les portes s'ouvrent... enfin si vous voyez le tableau. Je n'exagère rien, croyez-moi sur parole et pour tout dire je serais même en deçà ...
Chéri-Chéri n'apprécie pas le Wu Wei forcément. D'ailleurs, Chéri-Chéri n'aime personne à part lui-même et encore. Il ignore l'amour mais il pressent que l'amour peut le terrasser d'un simple regard et d'une simple caresse imposée délicatement. Lorsque le Wu Wei s'offre à vous, tout vous sourit au propre comme au figuré et c'est Chéri-Chéri qui fait la grimace !
La semaine dernière Wu Wei est apparu comme toujours sans prévenir. Oh, merveille des merveilles dans l'instant présent. J'étais un arbre forcément majestueux, paisible, d'une apparence immobile, inondé de la lumière des cieux, nourri par la terre-mère et frissonnant sous les caresses du vent aimant. J'étais moi entière, totalement et entièrement raccord avec le paysage.
Bien sûr, Wu Wei, après une semaine (ce qui est déjà un exploit pour moi) WW comme je l'appelle, s'en est allé. Le mental reprend toujours le dessus et Chéri-Chéri finit toujours par attirer mon attention. Pas que. Le vie quotidienne, les aléas, les problèmes diverses et variés, les infos etc... Notre vie, la condition humaine dans notre dimension. Peu importe, merci mon WW. Je ne t'attend plus et ne te réclame plus car je sais que tu es là au plus profond de mon âme. Tu apparaîtras à ta guise, le moment venu quand mon cœur s'ouvrira inconditionnellement à toi. Chéri-Chéri, là, ne se sent pas bien à cette idée... c'est déjà pas si mal !



L'ultime combat...

Amis.es fidèles lecteurs.trices, ceci est mon dernier post de mon blog Chéri-Chéri. Oui, j'essaie l'écriture inclusive comme un défi...